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4 févr. 2010

Le silence du tambour


Jeudi 16 avril 2008

Au bout du petit matin...

L’immensité du désastre
L’humanité retient son souffle

Des larmes sur les cinq continents

Les océans stagnent

Les fleuves suspendent leur cours
Tambours, koras et balafons,
Ravalent leurs sons

Les rois des forêts, savanes et déserts

Retiennent leurs gestes

Qui se figent...
Rhissa RHOSSEY
Poète originaire du Niger, née à Agadez en 1972 / 16 avril 2008

Trois poissons... (suite et fin)







Se sont battus

Trois jours dans la mer Rouge

Se sont battus

Avec leurs nez pointus

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu

Clouc !


S’en sont allés

Crever dans la mer Noire

S’en sont allés

Pleins de chagrin salé

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu

Clouc !


Le ventre en l’air

Ont chu dans la mer Morte

Le ventre en l’air

Dans le bouillon, d’Enfer

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu
Clouc !

Ces trois poissons

A tous les gars du monde

Ces trois poissons

Qu’ils servent de leçon.


Marie Noël
Marie Noël, de son vrai nom Marie Rouget, est une poétesse et écrivain française, née le 16 février 1883 à Auxerre, décédée le 23 décembre 1967.

22 janv. 2010

Trois poissons...


De trois poissons

Qui font le tour du monde
De trois poissons

Ecoutez la chanson

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu

Clouc !


Ils étaient nés

Un jour dans la mer Blanche

Ils étaient nés

Un jour, bien étonnés

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu

Clouc !


Ont navigué

Sept ans dans la mer Bleue

Ont navigué

Sans être fatigués

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu

Clouc !


Ont trouvé l’or

Caché dans la mer Jaune

Ont trouvé l’or

Pour trois un seul trésor

Maré, mari, moru

Flouc !

Couli, coula, coulu

Clouc !


1ère partie... (à suivre)

ILES



Iles

Iles
Iles où l’on ne prendra jamais terre
Iles où l’on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu’à vous

Blaise Cendrars, « Feuilles de route », Du monde entier au cœur du monde, 1924

Comptine des six continents


Sur le dos d'une antilope
Je fais le tour de l'Afrique
Sur le dos d'une bourrique
Je fais le tour de l'Europe
À dos de yack qui galope
Le tout de l'immense Asie
Sur le dos d'un poisson-scie
Le tour de l'Océanie.
Sur la vigogne au poil doux
Le tour des deux Amérique
Dans ta poche kangourou,
Je traverse l'Australie.

Bernard Lorraine

18 déc. 2009

Pot pourri maternelle

video

Mardi matin,
Mon père, ma mère, ma sœur et puis mon frère
Sont venus vers moi
Me serrer dans leurs bras.

« Maman,
Je voudrais être en argent. »

La maman des poissons, elle est bien gentille !

Mais si j’écris papa,
Tout me devient caresse,

Grand-mère Ursule
Vient d’Ashtabule
Sur les rotules

Dans les bras de ma mamie,
Soudain,
Je me suis endormi.
La BIP

11 déc. 2009

La maman des poissons



Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde
Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette

La maman des poissons, elle est bien gentille !

Elle ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartines
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ça a dîné, ça r'dîne

{Refrain:}
La maman des poissons, elle a l'oeil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi, je l'aime bien avec du citron

La maman des poissons, elle est bien gentille !

S'ils veulent prendre un petit ver
Elle les approuve de deux ouïes
Leur montrant comment, sans ennuis,
On les décroche de leur patère

{au Refrain}

La maman des poissons, elle est bien gentille !

S'ils veulent être maquereaux
C'est pas elle qui les empêche
De s' faire des raies bleues sur le dos
Dans un banc à peinture fraîche
{au Refrain}

La maman des poissons, elle est bien gentille !

J'en connais un qui s'est marié
A une grande raie publique
Il dit quand elle lui fait la nique
"Ah! qu'est-ce qui tu me fais, ma raie !"

{au Refrain}

Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde
Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette

La maman des poissons, elle est bien gentille !


Boby Lapointe (1969)

GRAND STANDIGNE






Un jour on démolira
ces beaux immeubles si modernes
on en cassera les carreaux
de plexiglas ou d'ultravitre
on démontera les fourneaux
construits à polytechnique
on sectionnera les antennes
collectives de télévision
on dévissera les ascenseurs
on anéantira les vide-ordures
on broiera les chauffoses
on pulvérisera les frigidons
quand ces immeubles vieilliront
du poids infini de la tristesse des choses.

Raymond Queneau (poème écrit en 1967)

2 déc. 2009

Dans ces bras-là...


Dans les bras de mon papa,
Je me sens tout petit chat.

Dans les bras de ma maman,
Je me sens petit enfant

Dans les bras de mon papi,
Je me trémousse et je ris.

Dans les bras de mon grand frère,
Je m’élance et saute en l’air.

Dans les bras de ma mamie,
Soudain,
Je me suis endormi.

Claude Clément

Chanson d'automne



Les sanglots longs

Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur

D'une langueur

Monotone.

Tout suffocant

Et blême, quand
Sonne l'heure
Je me souviens

Des jours anciens


Et je pleure.


Et je m'en vais

Au vent mauvais

Qui m'emporte

Deçà, delà,

Pareil à la feuille morte.
Paul Verlaine (poème écrit en 1866)

27 nov. 2009

Bip numérique "élémentaire" Période 2

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Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j'étais écolier
Sur le chemin de l'école
Je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles
Vieilles chansons d'autrefois

{Refrain:}
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur!
Mon village au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
Oui je t'aime
Et je te donne ce poème
Oui je t'aime
Dans la joie ou la douleur
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t'ai gardée dans mon cœur

J'ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d'autres cieux
Mais combien je leur préfère
Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison.

{au Refrain}
Charles Trenet (1963)

25 nov. 2009

Bip numérique "maternelle" Période 2

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Ma tante Agathe
Viens des Carpates
A quatre pattes

Mon oncle André
Vient de Niamey
A cloche-pied

Mon frère Tchou
Vient de Moscou
Sur les genoux

Ma sœur Loulou
Vient de Padoue
A pas de loup

Grand-mère Ursule
Vient d’Ashtabule
Sur les rotules

Grand-père Armand
Vient de Ceylan
En sautillant

Ma nièce Ada
Vient de Java
A petits pas

Mon neveu Jean
Vient d’Abidjan
Clopin-clopant

Oncle Firmin
Vient de Pékin
Sur les deux mains

Mais tante Henriette
Vient à la fête
En bicyclette

Jacques Charpentreau

17 nov. 2009

Les baleines


Du temps qu’on allait encore aux baleines, si loin qu’ça faisait, mat’lot, pleurer nos belles, y avait sur chaque route un Jésus en croix, y’ avait des marquis couverts de dentelles,y avait la Sainte-Vierge et y avait le Roi !

Du temps qu’on allait encore aux baleines, si loin qu’ça faisait, mat’lot, pleurer nos belles,
y avait des marins qui avaient la foi, et des grands seigneurs qui crachaient sur elle, y a avait la Sainte-Vierge et y avait le Roi !

Eh bien, à présent, tout le monde est content, c’est pas pour dire, mat’lot, mais on est content !...
Y’a plus d’grands seigneurs ni d’Jésus qui tiennent, y a la république et y a l’président, et y a plus d’baleines !


Paul Fort (1897)

Pour mon papa...






















J'écris le mot agneau

Et tout devient frisé :
La feuille du bouleau,
La lumière des prés.

J'écris le mot étang
Et mes lèvres se mouillent ;
J'entends une grenouille
Rire au milieu des champs.

J'écris le mot forêt
Et le vent devient branche.
Un écureuil se penche
Et me parle en secret.

Mais si j'écris papa,
Tout me devient caresse,
Et le monde me berce
En chantant dans ses bras

Maurice Carême